On décore la porte des maisons avec un kadomatsu (門松) et un shimebawa (標縄). On dépose également une offrande dans le tokonoma (床の間) de la maison surmonté d'un shimenawa : des gâteaux de riz empilés appelés kagami mochi (鏡餅), généralement au nombre de trois. On se rend aussi au temple pour prier et pour tirer les prédictions (御神籤 ou おみくじ, omikuji) de la nouvelle année.

Shimenawa : Le shimenawa (標縄 ou 注連縄) est une corde sacrée utilisée au Japon, constituée de grosses torsades de paille de riz tressées de gauche à droite, délimitant une enceinte sacrée et particulièrement l'aire de pureté d'un sanctuaire shintô ou entourant un rocher, un arbre, etc, montrant qu'il s'agit d'un territoire du domaine du kami (divinité) et donc que tout type de pollution doit en être exclu.

Tokonoma : petite alcôve au plancher surélevé en tatami où l'on expose des calligraphies, des ikebana (composition floral) ou des objets d'art. C'est un élément essentiel de la décoration traditionnelle de l'intérieur japonais. Les tokonoma apparurent à la fin de l'ère Muromachi (vers le XVIe siècle), dans les maisons de style shoin et fut tout d'abord conçu pour les maisons de thé (chashitsu). À partir du XVIIe siècle, il commença à intégrer les palais puis fut finalement également adopté par les gens du commun.

Kagami mochi : Le kagami mochi est composé de deux boules de mochi (c'est une pâte de riz compacte) aplaties et posées l'une sur l'autre, celle du dessous étant un peu plus grande que celle du dessus. L'ensemble est surmonté d'une sorte de mandarine qu'on appelle dadai, qui est pleine de pépins et symboliserait une nombreuse descendance. Le kagami mochi est posé sur un petit socle, et il va constituer une offrande pour le Toshigami, le dieu de la nouvelle année, lorsque celui-ci arrivera dans la maison.
Repartir à zéro
Les Japonais aiment commencer l'année nouvelle sur de bonnes résolutions.
Pour cela, ils pratiquent un grand nettoyage appelé ôsôji (大掃除) les derniers jours décembre et qui fait office de rite de purification de la maison. On change le papier des shôji (c'est une paroi ou une porte constituée de papier translucide monté sur une trame en bois), on remplace les objets abîmés, on aère les tatami...
Ils doivent aussi avoir liquidé les affaires en cours et réglé leurs dettes avant d'entamer l'ômisoka, le réveillon du 31 décembre.
Il est généralement de mise de faire preuve d'optimisme et de bonne humeur.
Hatsuhinode (初日の出), hatsumôde (初詣)... Les premières fois de l'année
On boit le toso (屠蘇), premier saka de l'année, préparé avec des herbes médicinales et censé garantir bonne santé pour l'année.
Osechi (御節), les plats traditionnels du Nouvel An japonais
Pendant les premiers jours de l'année, la tradition veut que l'on ne fasse rien, même la cuisine. Les mères de famille préparent alors les plats à l'avance et les conservent dans des sortes de boîtes à bentô appelées jûbako prévues à cet effet. Ce sont les osechi-ryôri (御節料理).
Le zoni (雑煮) est un bouillon qui se mange avec des baguettes de saule non laquées et qui se constitue de mochi, légumes et sauce soja ou miso blanc.
Autrefois, on confectionnait également des galettes de riz pilé qui pouvaient se concerver plusieurs semaines. Même lorsqu'elles deviennent très dures, elles peuvent ramollir si on les grille et sont alors mangées dans une soupe avec un peu de sauce soja, mais cela ne constitue pas un plat gastronomiquement intéressant. De nos jours, les gens les achètent toutes prêtes en magasin mais on peut encore en trouver qui sont faites maison, notamment à la campagne.
Jeux et divertissements
Les filles jouent au volant avec des raquettes, les garçons avec des cerfs-volants.
On joue également à un jeu de cartes dit « des cents poèmes », appelé karuta (かるた), en famille ou avec des amis.

Cerfs-volants du Nouvel An

Carte de jeu de karuta
Vœux du Nouvel An
Autrefois, on rendait des visites de politesse à la famille et aux amis. On montrait également sa reconnaissance à son maître, son seigneur...
Otoshidama (お年玉)
Otoshidama est le nom des étrennes que l'on donne traditionnellement aux enfants. C'est une coutume qui vient de Chine.

Enveloppes d'otoshidama